Traduction post de blog en français. Cliquez ici pour lire l’article en anglais. 

EduTrac est un système innovant qui utilise SMS pour le suivi des situations des écoles en temps réel. Afin de fournir de meilleurs environnements d’apprentissage pour les élèves, EduTrac appuie le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique (MENET) pour mieux comprendre la situation dans les écoles même dans les zones les plus difficiles à atteindre. Depuis Mars 2015, l’UNICEF en République centrafricaine (RCA) se prépare à lancer EduTrac en étroite collaboration avec le Ministère.

Le Ministère de l’éducation à Bangui gravement endommagé pendant le conflit. ©UNICEF RCA
Le Ministère de l’éducation à Bangui gravement endommagé pendant le conflit. ©UNICEF RCA

Quand je suis arrivée en RCA en février 2014 en tant que gestionnaire de l’information pour le programme d’éducation de l’UNICEF, le pays venait de traverser un conflit dévastateur qui a laissé des milliers de morts, blessés ou déplacés. Le Ministère a également été ravagé par le conflit: ses installations informatiques ont été détruites ou pillées, la plupart des archives sur l’éducation ont été perdues, les autorités éducatives ont été privées de moyens de travail, et la plupart des écoles du pays étaient inaccessibles en raison, soit du mauvais état des routes, soit de l’insécurité qui y régnait. Bien que la plupart des fonctionnaires du Ministère, y compris ceux qui avaient été déplacés pendant le pic du conflit, aient rejoint leurs postes, il était extrêmement difficile de prendre des décisions importantes, en raison de l’absence de données à jour sur lesquelles se baser. Personnellement, je partageais leur frustration. En l’absence de statistiques scolaires et d’outils de collecte de données, nous avions l’impression de tâtonner dans le brouillard, sans réellement savoir où nous allions.

n affichage des données recueillies manuellement dans une école à Bangui. Une telle méthode ne convient pas à la collecte de données et de suivi en temps réel. ©UNICEF RCA 2015/KIM
Un affichage des données recueillies manuellement dans une école à Bangui. Une telle méthode ne convient pas à la collecte de données et de suivi en temps réel. ©UNICEF RCA 2015/KIM

Dans le contexte de la RCA, cependant, Il ne s’agissait pas seulement de restaurer le système qui existait avant la crise. La gestion des données de l’éducation en RCA était notoirement difficile, même à l’ère pré-crise. Surtout, les canaux de communication avec les directeurs d’école, la principale source de données scolaires, étaient très limités: il n’existait même pas de liste complète de contacts de directeurs d’école, et les écoles situées dans des zones rurales éloignées étaient difficiles à atteindre. Par conséquent, le Ministère dépendait des visites physiques des autorités locales éducatives dans les écoles. En utilisant un stylo et du papier, les autorités ont rempli un questionnaire avec les directeurs d’école. Mais ensuite s’est posée la question de la manière dont il était possible de transmettre les données sur papier au Ministère à Bangui. Parfois, les autorités locales éducatives apportaient eux-mêmes les exemplaires originaux à Bangui ; parfois ils les confiaient à des collègues, des méthodes qui pourraient prendre jusqu’à plusieurs mois en raison de l’absence de service postal à l’échelle nationale et de l’absence de moyens de transport. Plus important encore, le papier contenant des données précieuses pouvait facilement être perdu. Autant d’éléments qui rendaient difficile, voire impossible, la récupération et la mise à jour de statistiques fiables. Paradoxalement, un pays comme la RCA où l’utilisation des technologies modernes est très peu répandue, devenait un endroit où l’innovation devenait nécessaire.

(3) Dans une rencontre où l’équipe de l’UNICEF a défini les indicateurs pour EduTrac avec le Ministère de l’Education. Le Ministère était enthousiaste de l’initiative EduTrac. © UNICEF RCA 2015 / KIM
(3) Dans une rencontre où l’équipe de l’UNICEF a défini les indicateurs pour EduTrac avec le Ministère de l’Education. Le Ministère était enthousiaste de l’initiative EduTrac. © UNICEF RCA 2015 / KIM

 

Par conséquent, lorsque le projet EduTrac a été présenté, pour aider à reconstruire une partie du système de gestion de données de l’éducation tout en abordant ces problèmes, il a été reçu avec enthousiasme par le Ministère. Les statistiques d’une école, qui pouvaient mettre jusqu’à cinq mois pour parvenir au Ministère, allaient pouvoir être transmises en seulement cinq minutes avec EduTrac. En outre, le système pouvait être en œuvre assez rapidement avec l’utilisation de l’infrastructure existante, comme les téléphones cellulaires, que de nombreux directeurs d’école possédaient déjà.

Une fois que l’idée a été acceptée par le Ministère, les bases du projet ont été lancées avec une série d’étapes. La toute première étape était de définir des «indicateurs» de l’enquête de SMS. Ainsi, l’équipe de l’UNICEF s’est réunie avec les points focaux du Ministère pour réfléchir et définir les questions les plus importantes à poser aux directeurs d’écoles, ainsi que la fréquence des questionnaires. En conséquence, six indicateurs ont été définis, y compris les deux questions principales ci-dessous à être envoyées sur une base hebdomadaire:

“Parmi tous les enseignants nommés à votre école, combien sont présents dans la salle de classe cette semaine?”
“Parmi tous les élèves inscrits dans votre école, combien sont présents dans la salle de classe cette semaine?”

(4) Les fonctionnaires du Ministère de l’Education ont joué un rôle actif dans la sensibilisation des autorités locales éducatives réunies à Bangui. © UNICEF RCA 2015 / KIM
(4) Les fonctionnaires du Ministère de l’Education ont joué un rôle actif dans la sensibilisation des autorités locales éducatives réunies à Bangui. © UNICEF RCA 2015 / KIM

UNICEF et le Ministère ont ensuite élaboré une note conceptuelle pour donner un aperçu d’EduTrac dans le contexte de la RCA. UNICEF a ensuite travaillé avec le Ministère pour présenter EduTrac à des différentes réunions, y compris celles avec les ONG et avec les bailleurs de fonds soutenant le secteur de l’éducation de la RCA. L’étape suivante la plus importante a été d’informer les autorités locales éducatives à propos d’EduTrac afin qu’ils puissent relayer l’information auprès des directeurs d’école dans leurs régions respectives avec des instructions claires. Le succès d’EduTrac dépendra de la mobilisation des directeurs d’école à travers le pays. Donc, nous avons organisé une session spéciale pour EduTrac lorsque les autorités locales éducatives se sont réunies à Bangui pour un atelier d’éducation. Ils ont montré un grand intérêt tout au long de la session organisée tôt le matin. En fait, ce sont eux qui ont compris mieux que quiconque combien il était difficile de recueillir et de partager des données scolaires et combien le besoin était urgent pour établir un système comme EduTrac. Afin de sensibiliser davantage les acteurs concernés à EduTrac au niveau régional, l’UNICEF et le Ministère ont distribué des banderoles avec des messages clés encourageant la participation active des directeurs d’école dans EduTrac. Entretemps, le numéro court à quatre chiffres « 4004 » a finalement été accordé à EduTrac. Les directeurs d’école seraient en mesure de recevoir des questions de l’enquête et de répondre à ce numéro. Ce fut le moment que tout le monde attendait.

Avec le numéro court 4004, EduTrac devrait devenir pleinement opérationnel après une brève période d’essai. Nous pourrions rencontrer un certain nombre de défis au fur et à mesure que nous avançons sur la mise en œuvre d’EduTrac. Mais nous sommes certains que nous allons trouver des solutions créatives avec tous ceux qui sont activement engagés ou intéressés par EduTrac.

 

Office buildings of district level education authorities in Bossangoa in the Ouham province (left, ©UNICEF CAR 2015/SERVAS) and Sibut in the Kemo province (right, ©UNICEF CAR 2015/KIM) where EduTrac banners are displayed to sensitize school headmasters.
Les immeubles de bureaux des autorités locales éducatives à Bossangoa dans la préfecture de l’Ouham (Gauche, © UNICEF RCA 2015 / SERVAS) et à Sibut dans la préfecture de la Kémo (Droite, © UNICEF RCA 2015 / KIM) où les banderoles EduTrac sont affichées pour sensibiliser les directeurs d’écoles.
Les immeubles de bureaux des autorités locales éducatives à Bossangoa dans la préfecture de l’Ouham (Gauche, © UNICEF RCA 2015 / SERVAS) et à Sibut dans la préfecture de la Kémo (Droite, © UNICEF RCA 2015 / KIM) où les banderoles EduTrac sont affichées pour sensibiliser les directeurs d’écoles.
Les immeubles de bureaux des autorités locales éducatives à Bossangoa dans la préfecture de l’Ouham (Gauche, © UNICEF RCA 2015 / SERVAS) et à Sibut dans la préfecture de la Kémo (Droite, © UNICEF RCA 2015 / KIM) où les banderoles EduTrac sont affichées pour sensibiliser les directeurs d’écoles.

J’espère pouvoir venir avec la prochaine note de blog sur UNICEF Innovation mettant en lumière les progrès réalisés dans la mise en œuvre d’EduTrac en RCA. En attendant, je vous invite à suivre le lien pour voir la note conceptuelle ou le prospectus (en français) sur EduTrac en RCA pour plus d’informations.

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